S01E01 – Vince el Tyranos fait l’Espagne
13 juillet 2004 Season 01 - Espagne 9 commentairesTitre du topic tiré, pour les connaisseurs, en partie d’un sketch célèbre de Dubosc, et en partie d’un célèbre film des Charlots, dont certaines de mes connaissances pourront vous raconter en détail le scénario…
Je me suis donc enfin décidé à mettre par écrit mes premières impressions sur ce petit voyage en Espagne, je vais donc tenter de détailler quelques points qui m’ont frappé et que j’aimerais partager.
Tout d’abord, le voyage fut extrêmement fatigant. Mappy indiquait un parcours de 1003 km, qui s’est avéré juste sur toute la partie autoroutière, et complètement faux pour la partie citadine. Le fait de partir en début de journée (7h) m’a fait apprécier la joie de faire le trajet sur l’A46 (deux voies seulement) et l’A7 en compagnie des gens qui partent travailler. N’ayant passé que très peu de temps à préparer mon sac, je repensais à tout ce que j’aillais devoir acheter sur place à cause des oublis potentiels durant la préparation. Petite halte sur l’aire du village catalan juste avant la frontière espagnole, histoire de profiter de la dernière aire de repos française, et prendre enfin mon petit déjeuner, à midi. Quelques bornes avant la frontière, je tombe sur un superbe bouchon que j’ai estimé à au moins 6 km de long. Il est 13h, et le soleil commence à taper, je rumine tout seul en me disant que ce voyage en journée était une sale idée. A noter le fait suivant, assez surprenant lorsqu’on y pense, est la transformation des idées une fois la frontière passée. Je m’explique : un Français qui te fait une queue de poisson au beau milieu d’un embouteillage de 6 km, en France, c’est un gros enculé. un Français qui te fait la même chose en Espagne, c’est un compatriote, la nuance est là. La suite du voyage se poursuit en passant près de Barcelone et Tarragone, où les travaux autoroutiers sont toujours en bordel, dans le même état que lorsque j’y suis passé il y a deux ans… Tarragone passée, la route est très fluide. Ayant encore du chemin à faire, je décide d’outrepasser d’un poil les limitations de vitesse (120 sur l’autoroute) pour rouler à 135, et me rends compte qu’une bonne partie des automobilistes tapent le 150.
Trois pauses sur tout le parcours, histoire de se débloquer un peu, manger un morceau et boire un coup, et arrivée à Valence à 19h. C’est lors de cette arrivé que je me suis rendu compte que Mappy était d’une assez grande imprécision en environnement urbain. Première surprise, quand police enclenche la sirène, aucun automobiliste ne bouge de sa voie pour se rabattre et laisser passer le véhicule sus-nommé. La voiture de police zigzague entre les blaireaux. Bref, suivant aveuglément les conseils de Mappy, je me suis paumé en ayant fait le tour de toute la ville, me faisant insulter à chaque feu rouge. Parce qu’ici les automobilistes ANTICIPENT le passage au vert et partent alors que le feu est encore bien rouge. Dans les grands boulevards, à un feu, on peut aligner facilement 10 voitures sur la ligne de stop, donnant l’impression au conducteur en première ligne de participer à un rallye avec une trentaine d’adversaires furieux. Le klaxon est d’ailleurs de rigueur, il sert à exprimer l’animosité et la mauvaise foi.
Après une boucle entourant la moitié de la ville, et plusieurs arrêts afin de demander tant bien que mal mon chemin aux passants (parce que les plans de la ville sur les arrêts de bus ne comportent pas d’étiquette « vous êtes ici », sympa pour les touristes), j’arrive enfin à me garer dans ma rue. Il est 20h, je suis claqué, tellement que je n’arrive absolument pas à me souvenir en détail du reste de la soirée. En vrac, accueil par les colocataires, assignation de ma chambre, explication des principes essentiels inhérents à la colocation, emménagement, et dodo bien mérité.
Je juge le moment adéquat pour faire un descriptif des lieux : j’habite en face d’un arrêt de tram, au troisième étage d’un immeuble. L’appartement est très grand, et très sympa aussi, il est d’ailleurs qualifié « de puta madre » par mes colocataires. 4 chambres séparées, un salon avec télé et 2 canapés, 2 WC et salle de bain, et une cuisine qui comporte même une machine à laver et un four, à défaut d’un micro-ondes (et c’est vrai que ça manque un peu, c’est l’outil n°1 de l’étudiant). Ma chambre est assez petite, mais viable, elle change beaucoup de celle de Villeurbanne dans la mesure où on n’y trouve la place que pour un lit, un bureau et une armoire. J’ai un peu l’impression d’être coincé entre 4 murs, mais c’est tout de même bien pour 2 mois. En vis-a-vis, j’ai le mur d’en face à 5 mètres, en fait ma fenêtre donne sur la cour intérieure de l’immeuble. Ceci à l’avantage de ne jamais faire entrer la chaleur dans la chambre, mais l’inconvénient de ne pas être très lumineux, et parfois même de ne pas sentir très bon. Enfin ce n’est tout de même pas si mal.
Parmi mes colocataires, on dénombre donc Marilyn 5TC, qui m’a dégoté la chambre et accueilli, Ard-Jan (Hollandais), et Federica (Italienne), qui sont tous très sympathiques. Pour le moment, nous avons tous des horaires assez différents, on ne se voit donc pas toujours, mais nous pouvons communiquer sans problème. En espagnol. Et là ça fait mal à la grammaire. Je suis assez doué pour inventer de nouveaux mots et de nouvelles règles de conjugaison, mais personne ne m’en tient rigueur. J’apprends chaque jour quelques mots ou expressions, et je récupère assez vite mes bases. Je pense que dans un mois j’aurais beaucoup moins de mal à m’exprimer.
Au niveau du boulot, pour le moment tout se passe bien. Le premier jour, je suis arrivé à 9h dans le rue où ma boîte se situe, et je me suis aperçu que je n’avais pas le numéro de la rue sur moi. Après avoir arpenté la rue dans tous les sens pendant une demi-heure et demandé aux commerçants s’ils connaissaient mon entreprise d’accueil, sans succès, je suis retourné chez moi pour reprendre le numéro de téléphone de mon contact dans l’entreprise. C’est là que je me suis rendu compte que les espagnols ont l’étrange coutume de mettre le numéro de la rue APRÈS son nom, et qu’il était bien marqué sur le mail qu’on m’avait envoyé. Le temps de refaire le chemin et d’arriver jusqu’à la boîte, il était déjà 10h. A mon arrivée, je fus accueilli par la secrétaire, me disant que le staff était sorti prendre le café. Pas de problème avec le retard.
Les horaires de l’entreprise sont dans la plage 9h-14h et 16h-19h. La première fois ça choque. Du moins ce sont les horaires de secrétariat. Les ingés et techos bossent un peu aux horaires qui leur plaisent, en fonction de la quantité de boulot. De mon côté, comme les directives viennent avant tout de France, je ne parle pas trop avec le reste du staff, en dehors des problèmes de PC, assez rares toutefois. J’ai la possibilité de parler avec eux lors des pauses café, mais c’est aussi le moment où ils se lâchent et utilisent un vocabulaire plus familier, c’est donc beaucoup plus chaud à comprendre. Au bureau, je suis situé dans un open space. Pour le moment, je peux checker mes mails sans problème et je suis sans limite au niveau des connexions sortantes, mais je n’ai pas encore lancé d’applications à connotation « moyennement sérieuse au boulot » comme MSN ou tetrinet. Je sais que certains de mes collègues utilisent MSN par moment, je pense que je l’installerai donc dans quelques jours, histoire de ne pas donner d’impression négative dès le début. Pour tetrinet, ça va être coton. Autant c’est toléré de checker ses mails, de poster sur un forum, ou de consulter des offres d’emploi dans un bureau, autant le fait de jouer doit l’être un peu moins, surtout en open space…
J’oubliai la bonne nouvelle à propos du boulot : l’entreprise est fermée le vendredi après-midi ! N’allez surtout pas chercher là une quelconque application des 35 heures, ça n’existe pas ici. Du coup, j’ai pu en profiter pour découvrir la plage (de jour) vendredi dernier. Elle se situe à 8 minutes de chez moi en tram. Elle est très grande, mais il y avait énormément de vent. J’espère qu’il y en aura moins les jours prochains. A la sortie de la plage, il y avait un officier qui faisait du recrutement pour l’armé de terre, sans trop de succès. Il faut dire qu’aux infos en ce moment, on peut voir les cérémonies de funérailles des soldats espagnols qui reviennent d’Irak entre 4 planches…
La télé est d’ailleurs très spéciale ici. Le plus choquant, outre les horaires des programmes calqués sur ceux de la vie quotidienne (le film du soir commence à 22h), c’est la pub. Déjà elle dure plus longtemps que ce qu’on peut voir en France sur TF1, c’est dire comment c’est lamentable, mais en plus les coupures pubs sont de l’ordre d’au moins 3 par film ou série, dont une 5 minutes avant la fin, histoire d’être sûr que tu la voies. Ensuite, la pub pour les boissons alcoolisée est autorisé (et sans avertissement imposé rabâchant que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé). Plus marrant, toutes les pubs, à l’exception de celles pour les banques peut-être, te tutoient : « Mahoo, c’est la bière qu’il te faut, tu ne pourras plus t’en passer », etc… Et encore plus fun, les acteurs espagnols des séries télé locales, quand la série fonctionnent bien, font eux-même la pub à l’intérieur de la série. A quand Julie Lescault vantant les mérites d’Always Ultra en pleine arrestation ? Et puis, comme nous avons nos chaînes locales, les Espagnols aussi, sauf que chez eux c’est dans une autre langue. Je me suis tapé la tête contre les murs pendant les dix premières minutes d’un film de Jackie Chan parce que je ne comprenais rien, avant de me rendre compte que c’était en valenciano, la langue locale (que certains de mes collègues de bureaux emploient parfois, me donnant du fils à retordre pour décrypter ce qu’ils peuvent foutrement dire). Au passage, puisque je parle de Jackie Chan, c’est assez fendard de voir des chinois dans un film qui font tous « ¡Ola! » lorsqu’ils se rencontrent.
Au niveau des sorties, je ne peux pas en raconter encore beaucoup. Je ne suis sorti que vendredi et samedi soir. Les fêtes commencent ici à minuit, pas avant. On a le temps de faire la sieste avant d’y aller. Vendredi c’était pour la despedida (traduisez la fête d’adieux) d’une copine d’une copine d’un gars qui connait un type …etc… qui connait mes colocataires. Ici tu peux te taper l’incruste dans une soirée si tu connais un chemin quelconque dans le maillage relationnel entre toi et la personne qui invite. Ce qui fait que les fêtes ont un effectif minimal de 50 personnes. Maintenant un peu moins, vu que les Erasmus partent les uns après les autres, mais avant c’était vraiment la folie, à ce qu’il parait. Et donc vers deux heures on est partis vers la plage (de nuit). Et la, il y avait tout plein de monde. J’ai même vu Tiro (5TC), qui profite bien de la vie à Valencia et qui galère un peu dans sa recherche d’emploi. Au niveau de ce type de soirées sur la plage, c’est très sympa vu que tu rencontres énormément de gens, que tu peux comprendre vu que la plupart sont des étrangers et parlent donc à la même vitesse que toi. La proportion de français est assez grande. En terme de nationalités différentes représentées, j’en ai dénombré au moins 8 en une seule soirée. Je suis allé me coucher avec le passage du premier tram, qui a ici la bonne idée de passer dès 4h et quelques… Le samedi soir, il y avait un feu d’artifice sur la plage. Et pas un feu d’artifice de PD ! Des comme ça on n’en voit pas en France. Ça pète dans tous les sens ! Les artificiers s’en donnent à cœur joie en faisant tout exploser en même temps ! Donc ça fait du bruit, on pourrait croire à un tremblement de terre. Je suis persuadé, sans rire, que lorsque les américains bombardent l’Irak, ça fait moins de bruit que ça. Autre truc marrant : ils ne connaissent pas les distances de sécurité ici. Quelques dizaines de mètres entre la foule et le pas de tir, tout au plus. Le feu d’artifice est tiré directement au dessus de toi. Tu n’as pas le temps de compter les secondes qui séparent la lumière du son, tout vient en même temps. Du coup, il arrive que des morceaux encore chauds retombent sur la foule qui se barre en courant. ¡ Ils sont fous ces Espagnols !
Pour finir avec ce long post, en attendant la suite des nouvelles, quelques expressions ou mots de vocabulaire espagnols qui me font bien marrer :
- La jubilación (la retraite)
- El rival más débil (le maillon faible)
- Me cago la puta (ça me fait chier. Littéralement : « je me chie la pute » . D’après Marilyn on peut aussi faire des combos, du genre « je me chie Dieu, Jésus et tous les saints » .)
Voila, je pense que j’ai ai dit pas mal, bravo à ceux qui ont tout lu, et à bientôt !
PS : je colle ici les caractères qu’on ne trouve pas sur ces foutus clavier français et qui me serviront sûrement dans mes prochains post (ou pas).
[¿¡áéíóúñÇ]
PS2 : ce texte fait 12998 octets, j’ai écrit ici plus de trucs que dans mon rapport de ce Projet Personnel en Humanités de merde.





Joli post, fiston. Tu pourra donc tourner dans « l’auberge espagnol 2, le retour du roi » . Et a quand un fuego del campo (traduisez feu de camps) sur la plage.
quel poète
c’est vrai que tu as l’inspiration.
et n’oublies pas: « con la pina colada »
a bientot vince del chorizo della playa della paella delle castagnette
UTTT !!
Et ben, ça m’a l’air pas trop mal la bas.J’ai surtout aimé l’épisode ou tu disais que t’était en colocation avec d’autres filles….Mon flaire me dis qu’il va y avoir des parties de Zob.
Bon tiens nous au jus (de chaîne), et amuse toi bien (ou bosse bien selon le cas.
Elle a fait une année d’échange + stage ?
Petite rectification : c’est MAHOU la bière. Mais à Valence c’est peut-être plus de la San Miguel que tu bois.
A la radio, pendant les matches de foot, c’est la même chose : ils commentent le match et sans que tu t’en rendes compte il raconte une pub à plusieurs pour des cigares (puritos) ou une banque (123 Banesto) : « Oh dis-donc ce joueur il loupe ses tirs ce soir ! Oui il n’a pas la carte 123 de banesto ! ».
A Madrid un collègue me racontait que pendant la pub des films il avait le temps de prendre sa douche !
« ¡Hola! » c’est mieux (Qui a dit « L’espagnol ça s’écrit comme ça se prononce. » ?).
Tu as essayé de regarder ? Les questions sont faciles, mais la vitesse de prononciation rend le jeu impossible !
Je connaissais : « Me cago en la leche! » ou en version intégrale « Me cago en la leche de tu madre! ». Traduction inutile.
@+ tío !
Non elle a juste fait l’échange. Elle a fait son stage en même temps que nous, à Paris.
Effectivement c’est bien MAHOU, comme le cri des 7TC
Je n’ai pas testé la San Miguel, même pas entendu parler en fait. Mais je vais me renseigner…
J’hésitais, et comme je n’avais pas de correcteur d’orthographe ni de dico sous la main, j’ai dû choisir. L’espagnol et moi, ça fait zwei.
J’en suis encore à la phase 1, où ils parlent tellement vite que je ne comprends pas que les questions sont faciles.
@+, la suite des news la semaine prochaine…
C’est clair que tu as l’air de bein t’occuper là-bas…ahhh, ces espagnols et leur rythme de vie incroyable…ils sont trop fort!!!
Bref, Valence est une jolie ville, tu aurait pu tomber dans un lieu horrible, genre San Pedro. Un petit village fait de tolles ondulées et de cagettes en bois; avec 200% d’humidité et 70° à l’ombre…et avec cette chaleur, tu aurait puer du front et du te mettre du talc sur les fesses!
Désolé…moment de tristesse pour moi!
Enormes bises à toi petit Vincouille!
Merci
!!!
Au risque de faire tomber les mythes, je pue déjà du front (à en faire tomber les mites, d’ailleurs). Par contre, heureusement, je n’ai pas encore rencontré Rodrigo et sa guitare…
Dis donc je t’ai déjà dis de ne pas oublier ton TALC ….c efficace pour la sudation!
[...] avez aimé l’épisode 1, vous avez adoré l’épisode 2, voici enfin le dernier épisode de la fantastique épopée de [...]