The dark side of the web

 Dessine-moi un Français

Ah ben ça alors ! T’as même fait des petits traits pour l’odeur !

« Ah ben ça alors ! T’as même fait des petits traits pour l’odeur ! »

Nous sommes fin 2009, et le monde va mal. Une crise économique, le réchauffement climatique, le trou de la sécu, nos retraites qui s’amenuisent, les majors ne gagnent plus d’agent (soi-disant), les collégiens lynchent les profs, et la télé-poubelle envahit vos écrans 16/9 payés à crédit sans frais (soi-disant). Comme si tout cela ne suffisait pas, on remet une couche de polémique sur le mille-feuilles au goût déjà bien assez amer, en soulevant la question de l’identité nationale française.

Une question qui fait des remous dans l’opinion publique, pas encore parce qu’on va définir ce qu’est un Français et qui peut prétendre à l’être (et donc par opposition qui ne pourra pas), mais plus parce que quelques politiques en manque de médiatisation se félicitent entre eux de soulever la question, et seront heureux d’en débattre dans les prochains jours en se masturbant joyeusement le cerveau – le tout étant bien entendu financé par notre argent.

Pourquoi ce besoin d’unité ? Nos dirigeants seraient-ils jaloux de l’unité et du patriotisme aveugle qu’on trouve par exemple aux US et qui semble faire défaut chez nous ? Il faut dire que nous n’avons malheureusement pas eu la « chance » de nous prendre deux avions de ligne dans le buffet pour fédérer le peuple.

Du coup, les prochains jours seront pour nos dirigeants une occasion rêvée pour mettre le Français moyen sur un piédestal et lui coller toutes sortes d’étiquettes généralisatrices pas forcément justifiées, faisant par la même occasion de l’anticonformiste un élément à expulser sans délai. D’autre part la manœuvre consistant à considérer publiquement le peuple comme un troupeau ne peut avoir qu’un seul but : l’exploiter tant qu’il donne du lait, le mener à l’abattoir ensuite. Toute allusion à des évènements s’étant produits pendant la seconde guerre mondiale serait bien entendu purement fortuite.

Alors OK, on pourra probablement trouver quand même quelques traits de caractères plus ou moins communs chez les Français. En vrac, on a une certaine tendance à raler fâce au changement, à parler anglais comme des merdes, ou à valoriser la belle pierre, la bonne bouffe, le pinard et le terroir. Parlons alors de culture française et oublions le terme d’identité française.

Mais comme nos politiques semblent toujours vouloir maintenir ce débat dont l’intérêt est discutable, et puisque de mon côté j’aime bien troller faire avancer les débats, voici quelques idées supplémentaires qui seront je l’espère ajoutées à la liste :

  • Un Français, c’est quelqu’un qui paie une taxe démesurée sur les supports numériques vierges servant à exercer son droit le plus strict de copie privée.
  • Un Français, c’est quelqu’un qui se fait imposer des lois liberticides et injustifiées sur la régulation d’internet, des lois pondues à l’arrache par quelques hadopisse-vinaigre qui ne comprennent pas un foutre mot du vocabulaire qu’ils utilisent ni du concept pour lequel ils se battent bec et ongles (chacun dans sa catégorie : le Web 2.0 pour Frédéric, le pare-feu  pour Christine…)
  • Un Français, c’est quelqu’un qui vit dans un pays, qui, en dépit des lois liberticides évoquées au point précédent, se permet de donner des leçons à la Chine concernant les droits de l’homme.
  • Un Français, c’est un brave homme ou une brave dame qui se laisse prendre en otage toutes les deux semaines par les conducteurs de transports en commun, dont la peur panique face à la moindre évocation d’une éventuelle possibilité de changement dans leurs habitudes évoque les comportements des majors de l’industrie du disque, et qui sous couvert du droit de grève se permettent de faire chier 65 millions de personnes.
  • Un Français, c’est quelqu’un à qui on peut vendre des services de téléphonie mobile à des prix outranciers depuis les années 1990, et qui en redemande.
  • Un Français enfin, c’est quelqu’un qui vit dans un pays où un type va dépenser des milliers d’euros du contribuable pour perdre son temps à débattre de ce nous sommes alors qu’on n’en a nullement besoin et que l’on se porte très bien comme ça, merci.

Je conclurai ce billet avec un lien vers La Chanson du Dimanche, qui ont de toute évidence cerné tous les aspects du futur débat.

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