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 Et la chaleur fut…

 11 octobre 2012  Domotique  2 commentaires
Disjoncteurs & contacts auxiliaires

Previously on AlphaK.net:
« et mon choix s’est porté sur l’une d’entre elles, la DELTA DORE Deltia 8.31. »

Mon dernier article s’étant soldé par un cliffhanger hallucinant digne des meilleures fin d’épisodes de l’inspecteur Derrick, il me parait normal de présenter mes excuses pour avoir plongé mon lectorat dans un état de suspense aussi insoutenable. Aussi voici sans délai la suite et fin de l’aventure ayant pour thème palpitant la programmation de mes radiateurs.

Deltia 8.31

Le choix de la rédaction

J’ai choisi une centrale de programmation à fixation murale, permettant la définition de 3 zones indépendantes, pour plus de souplesse. Après moultes hésitations (*), j’ai fini par trouver l’endroit adéquat pour la fixer : à environ 1.50m du tableau électrique qui se trouve dans un placard, sur le mur opposé et du côté extérieur de ce mur… N’étant pas particulièrement désireux de faire passer mes fils électriques dans une moulure PVC venant entacher de son relief grossier mon beau mur immaculé, j’ai choisi une solution autrement plus délicate : le passage d’une nouvelle gaine en remontant depuis les modules du tableau électrique, en passant un premier angle droit, puis dans le faux plafond, deuxième angle droit, et enfin en descente à l’intérieur du mur jusqu’au boitier d’encastrement de sortie, du côté opposé. Ça manque de clarté ? Le schéma ci-dessous devrait combler les vides.

Schéma du placard à câbler

Schéma détaillé du passage de gaine à réaliser à l’intérieur des murs et plafond du placard.

(*) Les puristes de la langue française revendiquant le fait que moult est un adverbe et que son emploi comme adjectif relève de l’hérésie fanatique sont priés de ne pas m’en tenir rigueur, sans quoi je me verrais dans l’obligation de leur faire montrer que c’est pas qu’est-ce que j’ai écrit qui est le plus pire dans l’écorchature de la langue de Bescherelle.

Le parcours du combattant

Sur mon schéma, l’ensemble du mur et du faux plafond sont ajourés pour permettre de visualiser le trajet de la gaine. Évidemment, dans la réalité, je n’ai pas cette visibilité. Évidemment, je ne souhaite pas détruire la moitié des murs. Évidemment, j’ai des tendances masochistes.

Placard

Le même placard, en vue réelle, sans les parties ajourées… Bonne chance !

Après avoir espéré en vain guider ma nouvelle gaine le long d’une gaine existante parcourant le même chemin et arrivant sur un interrupteur côté intérieur du placard, je suis passé aux grands moyens. J’ai percé à la scie cloche le faux plafond à l’angle de celui-ci et du mur de droite devant supporter le programmateur, afin de pouvoir y passer les mains et faire prendre le bon trajet à la gaine au niveau du coude, et enfin la récupérer par l’ouverture effectuée plus bas pour la sortie.

La gaine est sortie

Victoire ! Mes longues minutes de lutte ont finalement payé !

La partie droite de la gaine est dans le mur, il reste encore à traverser le faux plafond et à rejoindre le mur opposé. Au milieu du faux plafond est normalement placé un boitier d’encastrement DCL que j’ai enlevé le temps des travaux, pour me permettre de passer une main et guider tant bien que mal la gaine sur le côté gauche du placard. Un trou de boitier d’encastrement, pour rappel, c’est 68mm. Grosses paluches s’abstenir.

Travaux 1/2

Début du massacre, faux plafond percé de 2 trous et tentative d’intrusion d’une gaine. La seconde gaine dédiée au circuit lumière a été temporairement ressortie.

Au niveau du mode opératoire, expliqué de cette manière, ça semble assez simple. Mais sur le terrain, sans déconner, c’est une autre paire de manches. Et autant vous assurer qu’après avoir fait passer une nouvelle gaine bien rigide dans un mur isolé, deux angles droits, un faux plafond, avec juste ce qu’il faut d’ouverture pour passer une main, à l’aveugle, avec les rails métalliques obstruant le passage, le tout en équilibre précaire sur un tabouret, one-lifer Ghosts’n Goblins les yeux bandés et les mains attachées dans le dos vous paraîtra d’une facilité déconcertante.

Travaux 2/2

Le massacre continue. Des trous, des gaines, des fils, un tire-fils qui s’emmêlent à la sortie. C’est l’apocalypse.

J’en vois déjà certains qui me montrent du doigt en ricanant et qui s’apprêtent à me lancer au visage une attaque verbale niveau 10 avec bonus de +2 en fiel et +5 en sarcasme, du genre « Eh oh t’es carrément détraqué comme type, tu te fais vraiment chier pour rien, il existe des solutions sans fil qui font la même chose ! ». C’est exact, mais c’est aussi une constante chez moi, tant que je peux assurer avec du filaire, je mets du filaire. On n’est jamais déçu avec le filaire, car comme diraient nos amis anglophones, ça juste marche.

Mastermind

L’étape suivante consiste à connecter l’ensemble des fils électriques laborieusement tirés en direction de la même destination, c’est à dire le tableau électrique. Mon tableau électrique, c’est une boite blanche qui contient approximativement tout ça :

Tableau électrique

Sacré sac de noeuds à démêler !

C’est un peu bordélique, et c’est l’occasion de remettre de l’ordre au passage, en réorganisant les modules DIN pour faire de la place aux disjoncteurs contacts auxiliaires et en apportant un peu d’homogénéité au passage. Heureusement, on m’a un peu aidé pour cette étape.

Les disjoncteurs contacts auxiliaires sont des disjoncteurs une voie qui jouxtent chaque disjoncteur dédié au chauffage et qui lient mécaniquement le sectionnement du convecteur à celui du fil pilote, et inversement. Facultatifs il y a peu (on imposait d’ajouter un écriteau demandant à l’utilisateur de sectionner le disjoncteur 2A du fil pilote en même temps que le disjoncteur du radiateur lors de toute intervention), ils sont semble-t-il devenus obligatoires dans la nouvelle version de la norme NF C 15-100, qui fait loi et bible en matière d’installation électrique dans un local à usage d’habitation, et qui accessoirement contient tellement de préconisations que l’impression sur feuilles A4 ne serait-ce que d’une version résumée aurait pour conséquence la déforestation d’un bon quart de l’Amazonie.

Disjoncteurs & contacts auxiliaires

Une fois disjoncteurs et contacts auxiliaires montés, l’ensemble d’une propreté impeccable revêt cette allure-ci.

Ceux qui se souviennent de la première scène de l’Arme Fatale 3 gardent en mémoire le dilemme de Martin Riggs hésitant pour le désamorçage d’une bombe à sectionner un fil rouge ou un fil bleu. Ma problématique, bien que moins dangereuse pour ma vie, avait plus de paramètres d’entrée : 1 centrale de programmation, 4 disjoncteurs 16A pour les radiateurs, 4 disjoncteurs contact auxiliaire, 1 disjoncteur 2A pour la centrale de programmation, 5 fils rouges, 5 fils bleus, 4 fils noirs, 120 minutes avant le coucher du soleil. « J’suis trop vieux pour ce genre de conneries » n’est pas la bonne réponse. Heureusement, des schémas existent, une fois le bon schéma trouvé il suffit de s’y tenir méthodiquement, en prenant la peine de vérifier par principe chaque branchement au moins 27 fois. En matière de câblage d’une centrale de programmation, la méthode à retenir est la suivante :

Schéma de câblage d'une centrale de programmation avec fil pilote

Ce schéma doit être vénéré, respecté, et transmis de génération en génération.

Vérification empirique de la loi de Murphy

Le montage terminé, les radiateurs répondent au doigt et à l’oeil. Tous sauf un. Alors inévitablement, on retrousse les manches, et on investigue. Dans mon cas, le problème venait du montage du Deltia : lors de son installation, il faut démonter la façade de son socle mural, et lorsqu’on clipse la façade de l’appareil pour remettre le boitier en service, une barrette de minuscules broches de connexion au pas de 2.54mm vient s’encastrer dans un support afin de réaliser la liaison électrique entre les borniers accueillant le fil pilote et l’afficheur. Il se trouve qu’au premier montage, il y avait un peu de jeu et j’ai accidentellement tordu l’une de ces broches, sans m’en rendre compte, en refermant l’ensemble. La rupture d’une seule broche ayant le pouvoir de transformer votre magnifique centrale de programmation flambant neuve en adorable presse livres qu’on jurerait designé par Stark, la remise en place de celle-ci dans sa position d’origine demande autant de tact que l’opération consistant à transvaser 10 litres de nitroglycérine enfermé à l’arrière d’une camionnette sans suspensions arpentant à vive allure des chemins bourrés d’ornières et de nids de poule.

La juste récompense du guerrier

L’opération délicate terminée, le montage est cette fois pleinement fonctionnel. À cette étape, on peut se décider à reboucher les trous du plafond. Sous tension, le boitier permet de visualiser le jour de la semaine et l’heure, la température de la pièce, ainsi que le mode actuel de chacune des zones. Le mode en cours est également visible sur l’afficheur de chacun des radiateurs, lorsque ceux-ci sont configurés pour prendre les ordres du boitier.

Montage final, vue d'ensemble

Montage final, vue d’ensemble.

En conclusion, malgré quelques difficultés inhérentes aux travaux de rénovation, le montage rend de fiers services. La programmation des 3 zones s’effectue en un quart d’heure, et une fois configurées il n’y a plus rien à toucher. Je peux partir au travail, en retard comme chaque matin, sans me soucier d’avoir à modifier le comportement de chaque radiateur, et je peux rentrer le soir en sachant que la remise en température de confort aura commencé avant mon arrivée. La température souhaitée se paramètre quant à elle sur chaque convecteur. Enfin, pour les absences ou présences non planifiées dans la programmation hebdomadaire, il suffit d’activer ponctuellement la fonction adéquate sur le boitier.

Montage final, gros plan

Montage final sous tension.

Seule limite du système, le pilotage n’est pas possible via un accès externe (internet/SMS…), mais à mon sens cette fonctionnalité est réservé aux cas extrêmes et ne m’est personnellement d’aucune utilité.

Installée à la fin de l’hiver dernier, cette solution me permettra assurément d’appréhender celui-ci plus sereinement.

 Chauffage chauffage, plus loin que la nuit et le jour !

 7 octobre 2012  Domotique  1 commentaire »
Delta Dore Deltia 8.31

Comme certains le savent, mon activité rédactionnelle a été légèrement, mais alors très légèrement, perturbée par un déménagement survenu l’année dernière à peu près à la même époque. Déménagement qui fut suivi de quelques travaux de rénovation, qui, arrivant à leur terme, me permettent enfin de reprendre mon plus beau clavier pour narrer quelques effroyables expériences, et leur résultat, et en particulier celles contenant de vrais morceaux de high-tech dedans.

Le premier article de cette catégorie sera consacré à mes nouveaux radiateurs électriques. En effet, j’ai très vite voulu domotiser un minimum l’installation, et me donner la possibilité de réguler leur température de manière automatisée, en imaginant en point de départ le postulat basique suivant :

  • Lorsque je suis au travail, il n’est pas nécessaire de maintenir la température de confort dans l’appartement.
  • Le soir, la température de confort doit être rétablie juste avant mon retour.
  • Mes horaires de travail sont fixes d’une semaine sur l’autre.
radiateur

Radiateur aux commandes épurées : un bouton pour les gouverner tous.

Les premiers drafts

J’avoue que la première idée qui m’est passée par la tête, un peu avant d’emménager et lorsque j’ai commencé à m’intéresser à ces possibilités avec un collègue de travail qui avait la même problématique, c’est un système de relais qui coupe tout simplement l’alimentation des radiateurs lors des périodes d’absence. On imaginait déjà l’utilisation d’Arduinos pilotant des relais pour arriver à cette fin. Ce système présente néanmoins 2 défauts à mon sens :

  • Les notices des radiateurs, qui embarquent maintenant un peu d’électronique, préconisent de ne pas abuser de ce système consistant à couper violemment le courant.
  • En période d’absence courte (la journée de travail), il est recommandé de ne pas laisser la température trop chuter, sous peine de consommer plus d’énergie lors de la remontée en température suivante.

J’ai pensé qu’on pouvait faire mieux que ça.

Sur la piste du fil pilote

C’est en farfouillant le vaste monde d’internet à la recherche des notices PDF, puis en autopsiant le câblage électrique de mes radiateurs, que j’ai pris connaissance de l’existence d’un troisième fil en plus de la phase et du neutre, qui n’est pas un fil de terre : le fil pilote, aussi appelé contact auxiliaire. Pour les béotiens comme moi qui ne connaissaient pas cette fonctionnalité, c’est un fil de commande qui permet de passer le radiateur en mode confort, éco, hors gel, en fonction du signal envoyé sur le fil.

Courant à appliquer au fil pilote

Attention pour ceux qui seraient tentés de reproduire tout ou partie de l’expérience, même si l’ampérage est faible, c’est du 230V qui circule sur le circuit de commande, donc avant tout, prudence, et pas de conneries !

Problème de taille : le fil pilote n’était pas câblé jusqu’au panneau électrique. Seulement 3 fils circulent dans chacune des gaines : la phase, le neutre, et la terre. Des bidouilleurs peu scrupuleux pourraient avoir l’idée de réutiliser le fil de terre, qui ne doit pas être relié aux radiateurs, comme fil pilote, mais NAN, c’est pas bien, margoulins ! On fait les choses proprement, et pour cela, une seule solution : passer un quatrième fil dans la gaine. Ni une, ni deux, on s’y met. Je pars acheter 100m de fil noir au magasin de bricolage le plus proche (celui dont le jingle est « papadapa » et qui fait des marges horriblement outrancières sur chaque article, à un tel point qu’on se demande s’ils n’indexent pas le prix de la quincaillerie directement sur le taux de change de l’or). Je prends aussi un tire-fils en nylon d’une qualité exécrable, un paquet de talc en pharmacie, et tout mon courage. C’est parti pour l’opération « Décâblage / Recâblage ».

Opération « Décâblage / Recâblage / Pétage de câble »

À tous ceux qui ne savent pas : on ne tire pas un fil dans une gaine qui contient déjà des fils. C’est une connerie. Pour faire les choses proprement, on décâble la gaine et on recâble avec tous les fils d’un coup, unis et légèrement torsadé comme dans un triste triangle amoureux dont aucun d’entre eux ne sortira heureux. En l’occurrence, quand on commence ce type d’opération, on leur demande surtout de sortir de l’autre côté de la gaine, c’est déjà un objectif assez ambitieux en soi.

Là, je suis en train de me demander si je n’aurais pas dû intituler cet article « Câblage câblage, plus loin que la nuit et le jour ! » – Anyway…

Mes quelques conseils pour la bonne réussite de l’entreprise :

  • Attachez le premier fil dans le chas du tire-fils, recourbez l’extrémité du fil sur lui-même en l’entortillant sur une bonne longueur et en formant un « pas de vis » écarté.
  • Entortillez les autres fils sur le pas de vis ainsi formé. Chaque fil doit s’arrêter un peu plus loin, pour que le diamètre du tout grossisse progressivement et que ça ne forme pas un gros bouchon monobloc immonde qui va buter net dans le premier coude formé par la gaine.
  • Recouvrez le tout d’adhésif. J’ai utilisé de l’adhésif de masquage que j’avais sous la main. J’ai fait plusieurs épaisseurs contra-rotatives (ouahh, le terme ultra-technique pour se la péter dans les soirées de l’ambassadeur !),  3 épaisseurs en général, pour que le tout reste le plus solidaire possible.
  • Lubrifiez. Avec du talc. Mettez le paquet. À la place du talc il est possible d’utiliser du Yellow, il parait que ça fonctionne bien, je n’ai pas testé.
  • Ensuite, sortez votre joker « Coup de fil à un ami », ou « Coup de bigo à une proximité », selon votre longitude, et appelez une âme pure et musclée en renfort. Effectuer l’opération en solo relève du masochisme décadent. Et je sais de quoi je parle.
  • Positionnez une personne à chaque extrémité de la gaine, fraîchement équipées de gants. La première pousse dans la gaine et l’autre tire. Il est important d’effectuer ces actions en rythme. Communiquez.
  • Lorsque l’extrémité de la gaine accouche finalement d’un amalgame de fils électriques emmaillotés dans un adhésif qui aura probablement souffert pendant ce trajet éprouvant, savourez votre victoire autour d’une bonne bière.
Malgré tous ces judicieux conseils, il est possible que vous éprouviez quelques difficultés dans les situations suivantes :
  • Apprêtez-vous à souffrir si la longueur de la gaine est importante.
  • Apprêtez-vous à souffrir si le diamètre de la gaine est petit par rapport au nombre de fils à passer.
  • Apprêtez-vous à souffrir si le trajet de la gaine présente des coudes (surtout à partir du troisième).
  • Apprêtez-vous à être grave vénère et à avoir les boules au point de trucider la terre entière si le tire-fils pète au milieu du trajet (oui, c’est arrivé).
Malgré ces quelques difficultés, le recâblage de mes 3 radiateurs et de mon sèche serviettes s’est tout de même déroulé dans de bonnes conditions. Je remercie au passage Thierry qui a bien voulu se prêter à l’exercice calqué sur l’entrainement de l’équipe olympique de tir à la corde, tout ça pour mon bien-être futur.

Y’a-t-il un pilote dans le radiateur ?

En parallèle de la pose du fil pilote, j’avais commencé à imaginer des solutions bon marché pour lui transmettre l’information de commande. Là encore, pour actionner le mode confort et éco, j’avais immédiatement pensé à une programmation via Arduino et relais (décidément, c’est une maladie, je vois des Arduinos partout). Même si techniquement c’est déjà beaucoup plus propre que la solution précédente (car on actionne la commande et pas l’alimentation, et car centralisé au niveau du tableau électrique pour tous les appareils de chauffage…), et techniquement tout à fait viable, cela restait une solution trop custom à mon goût, présentant trop d’incertitudes. Je voulais pour une fois un équipement un peu plus professionnel. En parallèle, il existe sur le marché des centrales de programmation qui remplissent parfaitement ce rôle pour une centaine d’euros, et mon choix s’est porté sur l’une d’entre elles, la DELTA DORE Deltia 8.31.

Delta Dore Deltia 8.31

La suite au prochain article…