On a retrouvé le prototype du T-800 !
30 mai 2009 Bricolage 14 commentairesAlors qu’il arpentait le bric-à-brac incommensurable de son fournisseur de breloques habituel, dont je tairai le nom, mon père était désappointé. Il n’avait pas encore trouvé de gadget inutile et encombrant à acheter ce jour là.
Soudain il tomba nez à nez (ou plutôt nez à bras) avec deux massives armatures articulées, et terminées par une pince.
_ « Fichtre, se dit-il, ça ne vaut pas une armoire normande ou une borne Jeutel de 150 kg, mais on va faire avec. »
C’est comme ceci que le garage de mes parents se trouva investi par deux bras mécaniques articulés, pour le plus grand bonheur de toute la famille qui aime bien voir débarquer des objets hétéroclites dans la maison.
Le genre d'appareil pas très commun dans les chaumières, sauf peut-être chez le Dr Emmett Brown
Dès que j’ai découvert ces objets merveilleux dans le garage de mes parents, je n’ai pas pu m’empêcher de me poser mille questions. Est-ce que ça fonctionne encore ? Avec quoi ça s’interface ? Comment le tester ? Qu’est-ce qu’on va pouvoir faire de marrant avec ? Et ainsi une longue quête commença.
Vue sous différents angles
Les machines sont estampillées « YOUPI – JD PRODUCTIQUE« . Je me mis immédiatement en quête d’informations.
Ma première conclusion fut la suivante : j’avais en face de moi le tout premier prototype du T-800. Ce robot a hérité d’un nom de code à consonance enfantine « Youpi » pour ne pas éveiller les soupçons sur ses capacités meurtrières inégalées. La société JD Productique n’est autre qu’une filiale française de Cyberdyne Systems. Mais cette hypothèse n’a pas tenu très longtemps, car la machine ne présentait aucune trace de BIOS bootant sur le réseau Skynet :p
La ressemblance est frappante. Ou pas.
Mes recherches suivantes, effectuées en n’étant pas sous l’emprise de la drogue, révélèrent que le robot Youpi est un formidable outil vendu principalement à des fins d’apprentissage, possédant 6 moteurs de grande précision, 5 degrés de liberté, et pilotable par le port parallèle. Je passe le détail sur les specs, elles sont disponibles ici.
Je m’attelle donc à tester rapidement le fonctionnement des robots. En vrac, il faut :
- Nettoyer les composants, dégripper les engrenages et retendre les courroies.
- Mettre à disposition un PC pour la partie software.
- Construire un câble pour interconnecter les deux équipements.
Les éléments assurant la transmission ont subi les affres du temps et de la poussière
Je décide de remettre à plus tard les tâches de nettoyage et passe directement à l’étape informatique. Je sélectionne parmi les machines entassées dans le garage quelques candidats pour le pilotage du bras mécanique. Le vainqueur est un foudre de guerre qui m’a été donné par Ben (merci à lui), jugez plutôt :
- Processeur Pentium 233
- Mémoire 64 Mo EDO
- Disque dur IDE 850 Mo
Oui, ça fait rire, à l’époque du Phenom III et du Core i7, mais c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Et puis on est toujours content d’avoir du vieux matos sous la main pour ce type de bricolage.
Duel de titans
J’installe une Debian sur le poste. La copie des fichiers lors de l’installation prend loooooooooooooooooongtemps. Pas parce que c’est du Debian hein, parce qu’on est sur du très vieux matos pas du tout optimisé. Comme dirait Indiana Jones, « sa place est dans un musée !« .
Installation de Debian sur l'antiquité
Pendant ce temps, je fouille dans les tiroirs pour en extraire un câble de liaison parallèle DB-25 à sacrifier. J’enlève sa coque de protection, repère et note les codes couleur des fils électriques.
25 fils à répertorier et à réorganiser, en avant la musique
Les correspondances couleurs/broches sont notées à l’arrache sur des feuilles volantes, comme d’habitude. Le brochage à utiliser est fourni dans la documentation du Youpi (page 22 pour les fainéants).
Mes notes de travail, toujours aussi soignées...
C’est ensuite parti pour la grande étape de soudure. Avec les moyens du bord. On dit toujours qu’il faut de bons outils pour bien travailler, et c’est vrai. J’avais à ma disposition un fer à la panne gigantesque, reposant dans une enclume faute de support plus approprié, avec le câble d’alim grossièrement rafistolé. Attention cher lecteur, chère lectrice, laisser reposer un fer à souder panne en haut est dangereux, ce câble et mes mains peuvent en témoigner. Inexorablement, avec un matériel pareil, pour mes soudures, j’ai fait du travail de cochon.
Plan de travail avec les moyens du bord
Note pour plus tard : idée de cadeau pour la fête des pères, un fer à souder à panne fine et un support de fer.
Connecteurs DB-25 après intervention
Une fois le travail de soudure terminé, on peut couper les fils restants ou les laisser dans le vide, l’important étant qu’ils ne créent pas de contact supplémentaire. On peut ensuite rajouter les capots en plastique.
Connecteurs DB-25 finalisés
On peut donc repartir sur le PC. Une fois le système installé, il faut juste ajouter quelques packages en fonction du langage de programmation choisi. J’ai orienté ma démarche vers le C car j’avait quelques exemples de programmation du Youpi en C sous la main. J’ai donc installé à minima les packages gcc, make, et leurs dépendances. Mais rien n’interdit d’utiliser Python, Perl, ou Microsoft Virtual Cobol 2009 Professionnal Edition si vous le trouvez. La partie backend du programme doit juste se contenter d’envoyer des octets sur le port parallèle de la machine.
Un morceau du programme à l'écran
Les premiers tests sont fructueux, les moteurs sont actionnés et le bras se met en mouvement. Dans la foulée je réalise une routine qui teste la rotation de tous les moteurs dans les deux sens.
C’est assez lent pour le moment, il y a des petits blocages par endroits, mais ça fonctionne bien dans l’ensemble. Un nettoyage (eh oui, l’étape volontairement oubliée) du robot de fond en comble devrait améliorer la situation.
Le second bras articulé a donné de moins bons résultats. Tous les moteurs ne fonctionnent pas. Selon les options, il finira peut-être en pièces détachées.
En ce qui concerne le frontend, rien n’a encore été développé. On peut imaginer en vrac un pilotage au clavier, au joystick, à la webcam, ou une routine totalement automatisée.
Il reste encore une question en suspens : quelle application vais-je pouvoir tirer de tout ce bazar, maintenant qu’il fonctionne à peu près ?
- Un robot joueur d’échecs ?
- Un robot qui sert le café ou nettoie la tasse ?
- Un robot qui allume ou éteint mon réveil à ma place tous les matins ?
- Un robot qui joue Bohemian Rhapsody au synthé ?
- Un robot système de défense suiveur d’intrus ?
- Un robot qui pilote un autre robot (oui, c’est idiot et ça ne sert à rien, comme tout le reste, et alors ?)
- …
En plus il va falloir être original, en général ça existe déjà. Je me donne un délai de quelques mois pour y réfléchir et trouver une idée sympa. Cher lecteur, chère lectrice, toi qui es tombé sur cet article par hasard, tes idées m’intéressent.
Autres liens sur le même sujet :
Le site d’Edouard Forler
Le site du BTS-IRIS de Niort
Mise à jour du 09/12/2009 :
Vous avez été plusieurs à me contacter via le formulaire disponible sur ce site pour des demandes d’aide ou d’avis. Je suis disposé à vous aider, mais au lieu de me contacter directement, merci de poser vos questions en commentaire de cet article. Ainsi vos questions seront capitalisées et profiteront à la petite communauté de personnes qui utilisent un robot Youpi, et cela évitera que plusieurs personnes me posent la même question.



























